Philippe Carlot/RTBF.Be | Doctors Think She is Mentally Ill and Deprive Her of Her Baby: A Mother Takes Erasme Hospital to Court

Re-Post of Article Published by RTBF.Be Nov 18/2019 | Posted Dec 8/2019

Les médecins pensent qu’elle est folle et la privent de son bébé: une mère attaque l’hôpital Erasme en justice

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Philippe Carlot

Publié le lundi 18 novembre 2019 – Mis à jour le mardi 19 novembre 2019 à 08h54

(Originally Published & Copyrighted to: Philippe Carlot/RTBF.be

https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_privee-de-son-enfant-apres-l-accouchement-une-bruxelloise-poursuit-l-hopital-erasme)

Le 18 octobre 2017, Mélanie, une habitante d’Etterbeek, se présente à l’hôpital Erasme pour y accoucher par césarienne. Elle est accompagnée d’une amie qui s’entretient avec une sage-femme pendant que l’accouchement se déroule. Au terme de celui-ci, plusieurs médecins se présentent dans la chambre de Mélanie. Ils commencent à l’interroger sur ses activités dans l’asbl ICATOR (acronyme signifiant en français “coalition internationale contre la torture électronique et la robotisation des êtres vivants”) puis décident de la transférer à l’hôpital Brugmann pour un diagnostic psychiatrique.

Une procédure “Nixon”

Elle n’en a pas encore conscience à ce moment-là mais Mélanie vient de faire l’objet de ce qu’on appelle une procédure dite “ligne Nixon”, relative à la protection de la personne des malades mentaux, sur décision du parquet de Bruxelles. Que s’est-il passé ? Apparemment, la conversation entre la sage-femme et son amie a suscité auprès du personnel soignant de l’hôpital des craintes à propos de la santé mentale de la patiente.

Au cours de la procédure judiciaire intentée par la suite, Erasme prétendra que Mélanie aurait déclaré “entendre des voix lui disant de tuer son enfant”, ce qu’elle dément formellement. Toujours est-il que le médecin qui l’examine à Brugmann pose l’hypothèse d’“un trouble délirant de type paranoïaque” entraînant “un risque pour le nouveau-né si la patiente retourne à domicile avec son nouveau-né

Dans le même temps où elle fait l’objet d’une mesure de protection, un juge de la jeunesse décide de la priver de la garde de sa fille à peine née. Comme le prévoit la procédure Nixon, la personne placée sous protection peut faire appel au juge de paix pour demander la levée de la mesure. Le 25 octobre, la magistrate venue examiner Mélanie conclut : “Que la présence de maladie mentale n’est pas établie, ni la dangerosité”.

Privée de sa fille pendant 20 mois

Mélanie est libre de quitter l’hôpital après cet épisode pour le moins traumatisant. Elle s’imagine alors rentrer chez elle avec sa fille. Mais le juge de la jeunesse ayant décidé de son placement, la levée de la procédure Nixon n’y change rien. Il faudra finalement 20 mois à Mélanie pour qu’elle puisse enfin récupérer la garde de son enfant, qui lui sera rendu le 9 mai 2019 seulement.

Les événements ont laissé des traces chez la fillette, “qui se mettait à pleurer quand je la déposais à la crèche parce qu’elle avait peur d’être abandonnée”, nous explique sa maman. C’est clair que ma fille en a gardé des séquelles. Elle a une peur démesurée de me perdre. Au début, après l’avoir récupérée, je ne pouvais même pas aller à la salle de bains sans qu’elle commence à hurler et à paniquer. […] Ça a été très très très dur pour elle. Et pour moi”.

Un procès contre Erasme

Mélanie n’entend pas en rester là. Elle a assigné l’hôpital Erasme devant le tribunal civil pour lui réclamer des dommages et intérêts. Elle est convaincue que ce sont ses activités militantes au sein d’ICATOR qui ont provoqué la réaction des médecins de l’hôpital universitaire. “Peu de temps après mon accouchement, un médecin s’est présenté dans ma chambre et a commencé à m’interroger au sujet de mon association. Pour résumer, nous défendons les victimes d’expériences non consensuelles avec les nouvelles technologies. Par la suite, trois femmes médecins se sont présentées et m’ont dit que j’allais être hospitalisée en psychiatrie et que je devais prendre des médicaments. Visiblement, le problème était que mon association les dérangeait fortement ou mes “croyances”, comme elles disaient, qu’elles jugeaient délirantes”.

En première instance, la justice a donné raison à Erasme. La juge estime en effet qu’ “il n’est pas établi qu’au moment où il a été posé le diagnostic de troubles paranoïaques était inexact.” La plaignante a décidé d’aller en appel.

Nous avons bien sûr sollicité la réaction de l’hôpital Erasme et avons demandé à pouvoir rencontrer le personnel médical et soignant impliqué dans ce dossier. La direction nous a répondu : “L’hôpital et ses préposés n’estiment pas convenable de s’exprimer dans la presse au sujet d’une affaire soumise à l’appréciation des cours et tribunaux”.

L’affaire pourrait être plaidée dans le courant de 2020 ou 2021.

***Google Translation to English, slightly corrected, below***

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Philippe Carlot/RTBF.be

https://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_privee-de-son-enfant-apres-l-accouchement-une-bruxelloise-poursuit-l-hopital-erasme

Posted on Monday November 18th, 2019 – Last updated on Tuesday, November 19th, 2019 at 08:54

On 18 October 2017, Mélanie, a resident of Etterbeek, arrives at the Erasmus Hospital to give birth by caesarean section. She is accompanied by a friend who talks to a midwife while the delivery takes place. At the end of it, several doctors show up in Melanie’s room. They begin to question her about her activities in the nonprofit ICATOR (acronym meaning in French “international coalition against electronic torture and the robotization of living beings”) then decide to transfer it to Brugmann hospital for a psychiatric diagnosis.

A “Nixon” procedure

She is not yet aware of it at that time but Melanie has just been the subject of what is called a procedure called “Nixon line,” relating to the protection of the person of the mentally ill, by decision of the prosecutor’s office from Brussels. What happened ? Apparently, the conversation between the midwife and her friend has raised concerns among the hospital’s caregivers about the patient’s mental health.

During the subsequent legal proceedings, Erasme claimed that Melanie reportedly “heard voices telling her to kill her child”, which she formally denied. Still, the doctor who examines her at Brugmann posits the hypothesis of “a delusional disorder paranoid type” resulting in “a risk for the newborn if the patient returns home with his newborn.”

At the same time she is being protected, a juvenile judge decides to deprive her of custody of her newly born daughter. As provided in the Nixon procedure, the person under protection may appeal to the justice of the peace to request the lifting of the measure. On October 25, the magistrate came to examine Melanie concludes: “That the presence of mental illness is not established, nor the dangerousness”.

Deprived of her daughter for 20 months

Melanie is free to leave the hospital after this traumatic episode. She imagines then going home with her daughter. But the youth judge having decided on his placement, the lifting of the Nixon procedure does not change anything. It will finally take Melanie 20 months to finally recover custody of her child, which will be returned on May 9, 2019 only.

The events left traces in the girl, “who began to cry when I put her in the manger because she was afraid of being abandoned,” explains her mother. “It is clear that my daughter has had some effects. She has an inordinate fear of losing me. At first, after having recovered, I could not even go to the bathroom without her starting to scream and panic. […] It was very very very hard for her. And for me”.

A trial against Erasmus

Melanie does not intend to stop there. She sued Erasme Hospital in the civil court to claim damages. She is convinced that it was her activism activities within ICATOR that provoked the reaction of the doctors at the university hospital. “A short time after my delivery, a doctor showed up in my room and started to question me about my association, and in short, we defend victims of non-consensual experiencees with new technologies. Three female doctors came forward and told me that I was going to be hospitalized in psychiatry and that I had to take medication, and obviously the problem was that my association was really bothering them or my “beliefs”, as they said, that they thought were delusional.”

In the first instance (of the case being heard in court), the courts conceded Erasmus was right. The judge considers that “it is not established that at the time of the diagnosis of paranoid disorders that it was incorrect.” The complainant decided to go on appeal.

We of course asked for the reaction of Erasmus Hospital and asked to meet the medical and nursing staff involved in this case. The management told us: “The hospital and its staff do not consider it appropriate to speak in the press about a case that is before the courts.”

The case could be litigated in the course of 2020 or 2021.